samedi, 04 juillet 2009

Iran - Ça chauffe encore avec la diplomatie de l'UE

Si la situation est calme depuis plusieurs jours à Téhéran et plus globalement dans tout l'Iran, la tension reste néanmoins vive d'un point de vue diplomatique entre le régime en place et les pays occidentaux, et notamment l'Union européenne.
 
Nouvel exemple ce vendredi : c'est tout d'abord Téhéran qui a annoncé que neuf employés locaux de l'ambassade britannique seraient traduits en justice pour avoir participé aux manifestations ayant suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad. Ils sont accusé d'être à l'origine de troubles ayant émaillé ces défilés. Selon Londres, qui nie sans surprise les allégations, deux d'entre eux sont encore en détention.
 
Pour répliquer à ce futur procès -dont la date n'est pas encore fixée-, les 27 pays membres de l'Union européenne ont réagi de manière coordonnée en convoquant tous les diplomates iraniens -ambassadeurs ou chargés d'affaires- présents dans leur capitale respective. Il s'agit pour l'instant d'une première étape graduée dans la riposte diplomatique. Une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine pour étudier d'autres mesures le cas échéant. La plus sévère à ce stade serait de refuser des à certains responsables iraniens -il n'est pour l'instant aucunement question d'expulsion d'ambassadeurs, encore moins de mettre fin aux relations diplomatiques.

vendredi, 03 juillet 2009

La FGTB traque les entreprises xénophobes

pict_183984.jpgLe syndicat socialiste FGTB a rassemblé des preuves contre des entreprises qui ne veulent pas engager de travailleurs allochtones et en rendra les noms publics "en temps voulu", rapportent vendredi les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad. La FGTB ne digère en effet pas la décision prise cette semaine par la chambre du conseil de Bruxelles de ne pas poursuivre pour discrimination envers les allochtones la société de travail intérimaire Adecco.

Cette décision du tribunal permet aux sociétés de travail intérimaire de continuer à nier le racisme dans leur secteur, indique Eddy Van Lancker, secrétaire fédéral de la FGTB (ABVV). Il estime qu'un changement de mentalité doit se faire, car le racisme sur le lieu de travail reste tenace. "Nous avons, durant des années, soutenu toutes les campagnes en matière de diversité.

Si l'approche douce ne paye pas, nous sommes obligés de choisir la manière forte. Nous recevons en effet régulièrement des plaintes sur des entreprises qui pratiquent la discrimination, et souvent ces mêmes entreprises reviennent. Nous sommes maintenant en train de rassembler des preuves. Dès que nous disposerons d'un bon dossier, nous publierons les noms".

Selon un sondage effectué par le quotidien De Standaard auprès d'une trentaine de bureaux d'intérim, deux sur trois admettent recevoir régulièrement des demandes de ne pas sélectionner de candidats "étrangers" ou "foncés de peau".

jeudi, 02 juillet 2009

Affaire Massamba SecK et torture en Espagne : Youssou Ndour exige la lumière

Le chanteur Youssou Ndour a plaidé, le mardi dernier, à Dakar pour que toute la lumière soit faite sur l’affaire Massamba Seck, brutalisé par des autorités policières espagnoles.

youssou_interview_1.jpg« J’interpelle les gouvernements sénégalais et espagnol pour que toute la lumière soit faite dans l’affaire Massamba Seck, ce Sénégalais qui a été brutalisé par des policiers espagnols. J’exige que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui n’honore pas la diplomatie de nos deux pays », a indiqué Youssou Ndour devant un parterre d’hommes d’affaires espagnols venus assister à sa soirée dans le cadre du salon de la Coopération espagnole au Sénégal.

Selon lui, il y a une responsabilité historique qui interpelle les gouvernements sénégalais et espagnols afin que ce genre de traitements inhumains ne se reproduise plus. Toutefois, il a salué l’exemplarité des relations entre les deux pays qui « doit être consolidée ».

Pour rappel, le traitement barbare infligé à notre compatriote Massamba Seck par les autorités policières espagnoles dans le cadre d’un rapatriement forcé a défrayé la chronique ces derniers jours.

mardi, 30 juin 2009

En se rendant à l'Assemblée nationale ce matin : Karim Wade accepte pour Mamadou Seck ce qu'il a refusé à Macky Sall

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Les voies de la politique sont impénétrables surtout sous nos cieux où tout dépend de la bonne volonté du prince. Les Sénégalais se rappellent fraîchement de la farouche opposition du camp présidentiel lorsque la nouvelle Assemblée nationale sortie des élections législatives juin 2007 dont l'ambition proclamée était de rompre avec les pratiques du passé. Ainsi, elle a voulu auditionner les responsables de l'Anoci et l'Artp, deux structures de l'Etat qui reçoivent des milliards des contribuables sénégalais. Les députés et proches du fils de chef de l'Etat étaient montés sur leurs grands chevaux pour dire - jamais. Ils avaient vu en cette convocation une provocation. Ils l'avaient alors exploitée à des fins politiciennes pour abattre l'ancien Premier ministre. Macky Sall, pour ne pas le nommer, était considéré comme ennemi public. il sera combattu sans management et de toutes parts. Le président de la République en personne était entré dans la croisade contre Macky Sall qu'il a accusé d'avoir commis ‘l'erreur politique de sa vie’. L'on se souvient tous que dans une lettre mémorable par le ton dur et ferme datée du 12 octobre 2008, Me Wade faisait savoir en substance à l'ancien président de l'Assemblée nationale que : ‘Votre décision est une violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs’. La suite, on la connaît, une loi Sada Ndiaye a été votée par la majorité mécanique pour ramener le mandat du président de l'Assemblée nationale de cinq ans à un an. Se sentant visé par cette nouvelle disposition ‘personnelle’, le maire de Fatick démissionne le soir même du perchoir de l'assemblée, du Pds et de tous les mandats électifs qu'il a obtenus sous la bannière de son ancien parti.Ce que l'histoire récente retient, c’est que Macky Sall n'était pas seul dans sa volonté de convoquer les responsables de l'Anoci. Loin s'en faut. A l'époque, le président de la commission générale des finances de l'Assemblée nationale n'était personne d'autre que Mamadou Seck, qui occupe aujourd'hui le perchoir. Certains voyaient en lui l'instigateur en chef de la convocation du président du conseil de surveillance de l'Anoci. Donc, il était mêlé jusqu'au cou à cette entreprise. Qui est-ce qui a changé entre temps ? Pas grand-chose.Sinon Karim Wade a changé de station, devenant, ministre d'Etat, ministre de la coopération internationale, des infrastructures et des transports aériens. Sur le plan politique, le Pds a reçu une douche aux élections locales du 22 mars dernier. Depuis lors la ‘génération du concret’ accusée d'être un des responsables de la défaite des libéraux a été dissoute. tout au moins personne ne s'en réclame plus maintenant. Les échéances de 2012 s'approchant à grands pas, le fils du président qui ne cache plus sa volonté de succéder à son père multiplie les opérations de charme pour redorer son blason terni.C'est dans cette grande opération de communication pour réhabiliter l'image en lambeaux de Karim Wade qu'il faut inscrire son audition aujourdhui à l'hémicycle. C'est dire donc, cette audition par les députés du peuple de Karim Wade, président du Conseil de surveillance de l'Anoci obéit à d'autres soucis que celui de faire la transparence sur l'utilisation des milliards du contribuables sénégalais lors du sommet de l'organisation de la Conférence islamique en mars 2007. Ce sera tout plus un théâtre où les personnages vont jouer des rôles calqués comme sur du papier à musique.

 

  Auteur: Mamadou SARR    

lundi, 29 juin 2009

ÉDITORIAL : Territoire de la lucidité ( par Mamadou SEYE )

 

 

L’accord que la Mauritanie a arraché à la tentation du chaos nous donne à réfléchir. C’est un message que lance à la postérité un présent qui dépasse les frontières exiguës des équipées solitaires. Pour dialoguer, il faut être deux. Cet adage enjambe le temps et l’espace. La sagesse en renforce la substance bénéfique à la paix et à la concorde nationales : à trois, quatre, dix ou mille, le consensus dynamique est le meilleur antidote aux douleurs des fractures sociales et à la tyrannie des factions politiques.

Tel est le chemin. Empruntons-le sans crainte car la raison éclaire le chemin aux chercheurs des étendues paisibles. La pugnacité de ces apôtres des mains jointes et des coeurs purs de toute rancune ou démesure est portée par leur bâton de pèlerin. Un symbole a priori fragile. Mais quelle force mentale, spirituelle voire conceptuelle ! Une philosophie de vie. Une foi inébranlable au dialogue et en l’interdépendance.

Dans cet élan, le patriotisme a les allures d’une religion qui ne souffre pas de l’étroitesse des nationalismes peu enclins à l’élan vers l’autre. Autour de lui, se rencontrent les vocations solidaires des militants d’une Afrique apaisée dans un monde lui-même installé dans les plateaux de la tolérance et d’un humanisme franc et fertile parce que pur. Cet engagement est utile à une humanité qui cesserait alors d’être une communauté embarquée dans la nuit des tourbillons et ballottée entre les récifs par gros temps de crise économique, morale, sociale, politique et institutionnelle. La diplomatie est plus que jamais interpellée dans la nécessaire approche globale à asseoir, bien sûr, sur la souveraineté des Etats. Voilà le chemin déjà emprunté, avec brio, par le Sénégal depuis des générations. Ce qui a été conforté par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, chargé de mettre en œuvre la politique définie par le chef de l’Etat.

Grâce à ces vents solidaires, la Mauritanie nous a fourni, ce week-end, un exemple de refus du chaos. Ses amis et partenaires au développement l’y ont aidée. Le président Abdoulaye Wade, avec l’appui et la caution de la communauté internationale, a été un acteur à la fois remarqué et discret dans la tâche de préservation de l’édifice institutionnel, social, politique et économique d’un pays qui s’ouvre les portes d’un décollage dans des secteurs de la production et de l’exploitation, des richesses des mers et du sous-sol. Le président Wade a bénéficié d’une grande qualité d’écoute de la part des différents protagonistes du gros malentendu qui a eu cours chez nos voisins du Nord.

Il y a deux leçons à tirer de la résolution de cette crise par la voie du dialogue. La première est que le label Sénégal est crédible. La deuxième est que la classe politique mauritanienne a su faire preuve d’un esprit de dépassement. Ce Sénégal, en vérité, ne peut devenir un interlocuteur respecté et respectable sans fournir la preuve de la vitalité de sa démocratie, la solidité de son armature institutionnelle et son engagement sans faille dans la voie du panafricanisme. Des textes et lois garantissent les libertés d’association et de manifestation. Ils accordent aussi, à la femme et à l’enfant, des droits inaliénables. La formulation de ces droits et devoirs n’est pas une science de nul effet tout simplement parce qu’elle serait enfermée dans les tiroirs à vœux pieux. Ces libertés et droits s’exercent au quotidien jusque dans les excès de la critique, de la suggestion ou, tout bonnement, de l’opposition systématique à des personnes et non à des idées. C’est une œuvre perfectible en raison des limites inhérentes à tout processus conçu pour et par des hommes, des communautés. C’est dans une telle perspective qu’il faudrait placer les avis discordants de quelques milieux politiques ou de franges de ce que nous appelons cette Société civile structurée en associations ou groupes de pression. Dans cette perspective encore, il faudrait mettre les acquis incorruptibles d’un système reconnu par la Commission des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies.

C’est ce Sénégal engagé dans un militantisme patriote et sincère, au-delà des ghettos de la camaraderie politique ou des crispations idéologiques, qui s’accorde sur le nécessaire dialogue entre ses forces vives. Les désaccords sur la méthode (Assises d’une partie de l’opposition ou dialogue politique intégral) ne remettent en cause ni la vitalité démocratique, ni la bonne santé des institutions encore moins leur souveraineté ou le droit de l’opposition à formuler une offre alternative. Cette opposition compte en son sein des hommes de valeur même si, il faut le souligner, l’essentiel des « trouvailles » des tenants des Assises dites nationales initiées par le Front Siggil Sénégal avec la participation d’autres forces vives figure dans la Constitution : séparation des pouvoirs, droits de la femme, une nouvelle forme de gouvernance locale et nationale, etc.

Le débat sur le « comment y parvenir » est très important. Cependant, il ne doit pas éclipser celui portant sur le « pourquoi » installer un climat de respect et de confiance entre les différents pôles politiques d’une part et, d’autre part, entre les différents pôles politiques et le dépositaire de la légitimité populaire. Aujourd’hui, celui-ci s’appelle Me Abdoulaye Wade. Il nous faut dépasser les noms pour nous inscrire dans la durée, dans l’intemporalité qui, à elle seule, peut lever les blocages liés à des personnes. Un mot sur les préalables. Certains sont recevables telle la sincérité des acteurs. D’autres, comme le mandat du chef de l’Etat et ses prérogatives constitutionnelles, ne le sont pas du tout. Ensuite, le dialogue est une nécessité mais il n’est pas un veto à la vie d’une Nation très éloignée des fables du chaos dites à longueur de journée. Dans ce cas précis, si le dialogue devenait un veto ou le lieu des surenchères politiciennes portées par les ambitions personnelles que n’ont pu consacrer les urnes, nous assisterions à une situation de non-droit ou simplement de non-Etat.

Ce paradigme de l’intérêt national a démontré, au Sénégal des années 1990 à 2000, sa haute portée républicaine après les troubles post-électoraux de 1988 et 1993. Si l’alternance politique a pu se réaliser sans heurt, c’est parce que les présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade ont su placer cet intérêt national au-dessus des états d’âme et des coteries politiques voire politiciennes. L’histoire leur rend déjà l’hommage promis aux architectes des « hautes œuvres », pour parler comme cet autre grand Sénégalais qu’est le président Léopold Sédar Senghor.

L’exemple étant le miroir que la pratique renvoie à la théorie, cette posture républicaine a prévalu dans une Mauritanie que les plus pessimistes voyaient dans les abîmes des confrontations politiques et/ou armées après un coup d’Etat et une présidentielle qui n’allait pas donner sa chance à chacun des présidentiables déclarés. Ce pays, à la croisée des chemins, a choisi la voie de la lucidité. A la clé, il y a eu la démission d’un président démocratiquement élu. Un sens du sacrifice qui donne un nouvel élan au processus et qui fait foi à la souveraineté du peuple.

Ce fait « historique », à l’actif du président Abdallahi, a été salué à sa juste mesure par l’Union africaine par la voie de Jean Ping. Nous entendons d’ici monter, sur la rive droite du fleuve Sénégal, la joie dans le cœur de nos compatriotes auxquels les hasards du « partage du monde » ont donné une autre nationalité. Ce pays a une frontière avec le Sénégal. Plus que cela, une histoire, des traditions et, forcément, un avenir. En un mot, le territoire de la solidarité. Celle d’une diplomatie ouverte et efficace.

  Auteur: Mamadou SEYE    

Le président du Honduras expulsé, son allié Chávez irrité

Le président du Honduras a été expulsé par son armée au Costa Rica, et Hugo Chávez, son homologue vénézuélien et proche allié, menace d'intervenir militairement pour le rétablir. Le coup d'Etat dont a été victime, hier à l'aube, Manuel Zelaya, provoque de fortes tensions régionales.

Chávez a très mal vécu la mise sur la touche de l'un de ses protégés, mais aussi la mésaventure dont a été victime son propre ambassadeur au Honduras. Apparemment, le diplomate, enlevé par un détachement militaire en compagnie du représentant de Cuba, a été relâché à un carrefour de la capitale, Tegucigalpa, après avoir été tabassé. Chávez a mis ses troupes en état d'alerte.

Scrutin. Mais s'agit-il vraiment d'un coup d'Etat ? Hier soir, la Cour suprême assurait avoir demandé à l'armée de déposer le président légal, tandis que la date du prochain scrutin présidentiel était confirmée pour le 29 novembre. L'expulsion du chef de l'Etat de ce petit pays d'Amérique centrale est intervenue le jour où les électeurs étaient convoqués pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution lui permettant de briguer un deuxième mandat. En janvier 2006, le conservateur Zelaya avait été élu pour quatre ans non renouvelables. Il avait ensuite opéré un net virage à gauche après son élection et s'était rapproché des dirigeants antilibéraux de la région, comme Hugo Chávez ou le président bolivien, Evo Morales. En milieu de semaine, Manuel Zelaya avait limogé le chef d'état-major de l'armée suite à son refus de distribuer le matériel électoral. Huit ministres, dont celui des Affaires étrangères, ont été arrêtées hier lors du coup de force.

Chassse gardée. Cette crise est le premier test grandeur nature pour Barack Obama en Amérique latine, la chasse gardée des Etats-Unis où tous les coups étaient permis durant la guerre froide.

dimanche, 28 juin 2009

"Je connais mieux le néerlandais que le turc"

Sous le foulard, Mahinur Özdemir révèle une jeune Bruxelloise émancipée. Le jeune députée veut juste que l'on respecte son choix de le porter. pict_183125.jpg

Un débat sérieux doit être mené

On ne présente plus Mahinur Özdemir : toutes les télés du monde, ou presque, s’en sont chargées cette semaine lors de sa prestation de serment comme députée CDH au Parlement de la Région bruxelloise. Entretien.

Les médias se sont déplacés en nombre pour immortaliser votre prestation de serment. Cette célébrité vous a fait quoi ?

C’est un monde tout nouveau. Je ne m’attendais pas à ce que cela suscite autant d’attention. Pour moi, c’était un non-événement. Quand j’ai prêté serment au conseil communal de Schaerbeek, il y a trois ans, je n’ai pas fait la "Une" des journaux. Or, c’est quand même la sixième commune du Royaume, et la deuxième de Bruxelles. Mais j’essaie de vivre la chose positivement. Parce que j’ai une approche positive de la vie en général.

Certains hommes ou femmes politiques recherchent la présence des caméras. Vous, cela vous a dérangé ? Ou cela vous a plu ?

J’ai senti quelques jalousies chez certains à qui j’ai peut-être un peu volé la vedette. Mais moi, sincèrement, ce jour-là, je suis passée au travers de cela.

En Turquie, le pays de vos racines, les femmes parlementaires ne portent pas le voile. Quel est votre vision de la laïcité de l'Etat ?

Moi, je suis Belge, issue de la troisième génération. Je me sens Belge. Ma langue maternelle, c’est le français. A la maison, c’est la langue que l’on parle. Je connais même mieux le néerlandais que le turc. Imaginez une jeune femme de 26 ans, licenciée en administration publique à l’ULB, qui a réalisé un mémoire sur les contrats de quartier dans sa commune - Schaerbeek - et qui s’est rendue compte à cette occasion de l’importance de la politique locale pour les citoyens. Imaginez cette jeune fille qui, comme les élections communales s’annonçaient, analyse les programmes des partis politiques et se demande pourquoi ne pas aussi être membre de l’un d’eux. Imaginez cette jeune fille qui participe activement au comité de section CDH de sa commune et à qui on propose d’être sur la liste communale. Cette jeune fille qui a des idées et des projets s’engage et est élue à 23 ans. Depuis, elle donne des cours en citoyenneté sur l’histoire de la Belgique pour "Bruxelles Formation". Elle travaille également activement au sein du conseil communal à Schaerbeek. Son parti lui demande alors de figurer sur la liste régionale. Cette jeune fille accepte et elle est élue. Cette jeune fille s’appelle Mahinur Özdemir et elle a 26 ans. Si elle s’était appelée disons Viviane, est-ce que cela aurait causé autant de remous ?

Ce n'est pas celle qui porte le voile qui pose question. C'est le voile lui-même. Pourquoi le portez-vous ? Par conviction religieuse ? Vous a-t-on forcé à le mettre ?

Entre parenthèses, je parlerai de foulard et pas de voile. C’est une conviction religieuse. Et je l’assume. J’ai commencé à porter le foulard vers 14-15 ans. Ma famille est une famille démocrate. Mes parents se sont même inquiétés de mon choix. Ils se sont dit que je pourrais avoir quelques ennuis parce que les Turcs sont plutôt des laïques. Ma grand-mère y était d’ailleurs fort opposée. Ma sœur ne le porte pas. Mes tantes ne le portent pas. Il n’y a vraiment pas de quoi polémiquer. Je ne ressens sa présence que quand les autres m’interrogent là-dessus.

Est-ce que l'islam prescrit le port du foulard ?

Je ne suis pas théologienne. Dans ma conviction personnelle, j’ai décidé un jour de le porter. Je demande juste qu’on respecte ce choix.

Le voile est parfois présenté comme un signe de la domination des hommes sur les femmes.

Pas pour moi. Je suis tout aussi opposée au fait d’obliger quelqu’un à le porter que d’obliger quelqu’un à l’enlever. Le foulard ne peut être porté que par choix individuel, librement consenti. Je voudrais qu’on sorte de cette peur. Je n’ai jamais demandé qu’on autorise le voile partout. Je demande juste qu’on me respecte et qu’on prenne connaissance de mes idées avant de s’arrêter à ce voile. Moi, je porte un foulard. Mais certains ont un voile de préjugés. Ils se voilent les yeux. Car moi, je suis un exemple d’émancipation.

Il représente quoi le foulard pour vous ?

Il fait partie de mon identité. C’est une question de pudeur. Certains me trouvent d’ailleurs très élégante avec mon foulard. Je suis un peu choquée de devoir toujours me justifier pour cela. On ne demande pas tout le temps à Elio Di Rupo pourquoi il porte un nœud papillon rouge.

Elio Di Rupo enlève parfois son nœud papillon...

J’enlève mon foulard chez moi.

Mais pas à l'extérieur...

Je montre que je suis de confession musulmane. Mais je ne fais pas de prosélytisme.

En France, il y a un débat sur la burqua. Vous en pensez quoi de la burqua ?

Pour moi, les usagers des espaces publics doivent pouvoir être identifiés.

Vous n'avez pas l'impression d'avoir été instrumentalisée par le CDH, pour aller chercher des voix dans la communauté turco-musulmane ?

Je pense que le parti a perdu plus de voix qu’il en a gagnées grâce à ma présence. Joëlle Milquet a pris un risque en me mettant sur les listes. Un risque de perdre des voix en dehors de Bruxelles.

Pourquoi vous êtes-vous engagée au CDH ?

A l’université, j’ai pris le temps de lire les programmes. Et là, je suis tombée sur la charte de l’humanisme. Je me suis dit : "Oui, c’est cela qui me convient." C’est placer l’humain au centre, quelles que soient ses convictions, ses valeurs. C’était le message dans lequel moi, Belge d’origine immigrée, je me retrouvais. Un grand nombre de jeunes ne s’intéressent pas à la politique. On me dit : "Qu’est-ce que tu t’en fous, de la politique !" Mais non. Il faut prendre l’avenir en main. La politique, ce n’est pas une affaire de vieux. C’est une affaire de citoyens.

Comprenez-vous ceux qui disent que l'expression des appartenances religieuses doit être confinée à la sphère privée ?

Quand on m’a proposé de figurer sur une liste du CDH en 2005, j’ai demandé si cela supposait qu’à un moment je devrais enlever mon foulard. On m’a alors répondu qu’aucun règlement n’impose cela. On m’a aussi dit que l’on accordait avant tout de l’importance à mes idées. Et qu’il fallait donc que je sorte de la victimisation. Je porte le foulard, donc je ne pourrais pas faire de la politique ? Je ne pourrais pas travailler ? C’est vraiment marginaliser les gens.

La crainte, c'est qu'un jour s'impose un parti islamique radical...

Ce genre de partis existe déjà. Mais je ne me reconnais pas dans leur programme. Je passe par la démocratie.

Il y a eu des pressions ?

Il y a eu des gens qui disaient qu’il ne fallait pas voter pour moi parce que j’étais dans un parti chrétien, un parti de "mécréants". Moi, je suis contre toute forme d’extrémisme et de radicalisme. Vous savez, j’aurais pu rester chez moi, me marier à 18 ans et dire que la Belgique ne m’acceptera de toute façon jamais. Eh bien, non. Je suis une citoyenne responsable qui a décidé un jour de prendre la parole au nom de l’intérêt général.

Le député MR, Denis Ducarme, estime que la présence du voile dans un parlement est une atteinte à la neutralité de l'Etat...

J’invite Denis Ducarme à venir parler avec moi. Nous verrons lequel de nous deux pense le plus à l’intérêt général compte tenu de la sociologie bruxelloise. Mais, sincèrement, est-ce vraiment le débat du jour ? Ne faudrait-il pas plutôt parler de solutions pour sortir de la crise ?

La cohabitation entre les communautés, c'est quand même un dossier important. Faut-il, oui ou non, interdir dans l'espace public la présence d'insignes religieux ?

En Grande-Bretagne, ce débat ne se pose même plus. Là-bas, des femmes portant le foulard peuvent tenir un guichet sans provoquer un long débat public. Ici, il y a toujours une peur de l’autre. Le débat sur le foulard me surpasse. Ce n’est pas à moi à en parler. Un débat serein doit être mené là-dessus. Dans le cadre des assises de l’interculturalité qui seront menées prochainement avec Joëlle Milquet (Ndlr: en sa qualité de ministre de l’Egalité des chances).

Que pensez-vous de l'appel de cet imam qui a conseillé aux élèves musulmans de quitter une école anversoise parce qu'elle a décidé d'interdire le foulard ?

C’est un appel irresponsable. Parce que l’enseignement est un droit fondamental. Le débat du foulard à l’école doit être envisagé sereinement. On doit voir quelles réponses donner pour apaiser cette tension. Il faut créer un cadre de vie où tout le monde se sent en paix.

Le jour de votre prestation de serment, on vous a accusée de nier le génocide arménien. C'est le cas ?

Je refuse d’être traitée de négationniste. Je suis membre d’un parti qui a une position claire là-dessus. Et je n’ai pas à la remettre en question. Moi, j’aimerais qu’on me demande d’abord quel est mon programme.

Etes-vous pour ou contre le créationisme ?

C’est une question qui me dépasse. La théorie de l’évolution est enseignée à l’école. Et cela ne me pose aucun problème. Mais les gens peuvent y croire ou pas.

Quels dossiers allez-vous porter au parlement bruxellois ?

L’emploi. Je donne des formations à la citoyenneté, à des gens qui se destinent à être chauffeur de poids lourds. C’est un métier en pénurie. Malgré la crise. Il faut revaloriser la formation qualifiante.

Etes-vous davantage sensibilisée par les discriminations à l'embauche ?

Je connais plein de gens d’origine étrangère qui se disent discriminés sur la seule base de leur nom. Le CDH prône l’usage du CV anonyme, par exemple. D’autre part, je pense que les examens du Selor devraient être régionalisés pour mieux coller aux besoins réels de la population. Dans les administrations publiques, à Bruxelles, il y a beaucoup plus de Flamands que de francophones. Cela frustre les gens.

Faut-il assouplir les exigences linguistiques dans la fonction publique ?

Au niveau du Selor, il faut, en tout cas, l’adapter à la réalité sociologique de Bruxelles. Je ne vois pas pourquoi une technicienne de surface doit connaître le néerlandais ou l’anglais comme un cadre supérieur.

vendredi, 26 juin 2009

Journée contre la torture

Ce 26 juin, c’est la journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture. Cela fait aussi précisément 10 ans que la Belgique a ratifié la convention de l’ONU contre la torture. Voir sur ce lien "http://www.youtube.com/v/oV0Cuexukmk&color1=0xb1b1b1&... Après les attentats du 11 septembre, l’administration Bush a eu recours à la torture dans sa lutte contre le terrorisme : de nombreux autres États ont suivi. Il est donc plus important que jamais de réaffirmer que la torture doit être totalement bannie, comme le prévoit le droit international. Chacun peut agir contre cette barbarie : regardez le clip réalisé par Amnesty International, qui mène aujourd’hui une action de sensibilisation à la question de la torture dans 26 gares belges.

mercredi, 24 juin 2009

Omar Ba : « Je veux casser les stéréotypes sur l’eldorado européen »

 

 

Son essai, "Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus", est paru aux éditions Max Milo

Voyage en pirogue, noyades de ses compagnons, clandestinité. Omar Ba a connu tout cela. Parti de son Sénégal natal des images plein la tête, il découvre une autre Europe, loin de ses clichés. Dans son livre, Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus, l’étudiant en sociologie évoque un eldorado européen qui n’existe pas. Une façon pour lui d’exhorter les Africains à ne plus se voiler la face. Interview.

Omar Ba, sénégalais de 29 ans, a tutoyé la mort alors qu’il tentait de gagner l’Europe en pirogue. Il a connu, en France, mille et une « galères » alors qu’il s’attendait à découvrir l’Eldorado. Il a néanmoins décroché un DEA en sociologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris. Et il travaille pour l’ONG Aide et Action. Cependant, son objectif reste le retour au pays où il veut travailler et contribuer à améliorer la situation.

Afrik.com : Rentrer au pays ou ne plus en partir… Vous martelez ce message dans votre livre. Ne pensez-vous pas avoir une vision trop manichéenne de la situation ?
Omar Ba : (sourire) J’ai fait dans la provocation pour titiller les immigrés à qui je m’adresse. Mais ce que je dis est vrai, s’ils sont malheureux en Europe, pourquoi ne pas envisager le retour ? Dans leurs pays, ces questions migratoires restent tabous car il y a beaucoup de morts. Seulement, on ne peut solutionner un problème qu’on ne pose pas. Je ne veux pas donner des leçons. J’ai écrit ce livre pour avertir les candidats au départ de ce qu’ils risquaient de trouver au cours de leur voyage et à leur arrivée… pour ceux qui y parviennent. Les jeunes sont obsédés par l’extérieur, qu’ils n’ont ni le temps ni l’envie de voir les possibilités qui existent dans leurs pays. Je ne leur jette pas la pierre, j’étais comme eux. Par exemple, ils considérent l’agriculture comme une activité avilissante alors qu’en Afrique le secteur est fortement demandeur en mains d’oeuvre. Je l’ai aussi fait pour les frileux qui imaginent leur retour comme une possibilité irréalisable. Je ne dis pas à ceux qui sont ici de rentrer à tout prix s’ils s’y sentent bien, mais il ne faut pas non qu’ils s’interdisent de rentrer s’ils n’y trouvent pas leur compte. Ils ont encore le choix. L’Europe s’est saisie de ses questions il y a plusieurs années tandis que l’Afrique se refuse encore à le faire.

Afrik.com : D’accord mais le problème est avant tout politique. Et la fuite des cerveaux arrange certains gouvernements d’Afrique peu à même d’assumer les besoins de leurs populations.
Omar Ba : Evidemment. Et de ce point de vue-là, l’éducation est une catastrophe. Il faudrait mettre davantage l’Afrique au cœur des programmes scolaires. C’est, bien sur, le rôle des chefs d’états mais ils peinent à l’incarner. L’école de la colonisation basée sur les savoirs et richesses de l’extérieur a toujours cours au Sénégal, par exemple, si bien qu’arrivée au Bac, les élèves connaissent mieux l’Europe que l’Afrique. C’était mon cas. Ces cours leur dit que l’excellence n’appartient pas à leur continent. Au-delà de l’aide extérieure qui est la bienvenue, c’est aussi aux Africains de croire en l’Afrique.

Afrik.com : Justement, comment votre livre a t-il été accueilli par les immigrés de France à qui vous adressez l’essentiel de votre message ?

Omar Ba : Dans la communauté où j’évolue, beaucoup m’ont soutenu avant de se rétracter à la lecture du bouquin. Pour eux, c’est aussi une question d’honneur : ils n’ont pas accepté de voir leurs difficultés étalées sur la place publique comme, par exemple, le fait qu’ils ne prennent parfois qu’un repas par jour ou vivent dans des logements insalubres. Ces problèmes, c’est bien d’en parler entre mais pas question que cela sorte de nos murs. C’est une réalité bien connue des immigrés, mais pas forcément des Africains restés au pays, c’est pourquoi j’en ai parlé.

Afrik.com : Au risque de les contrarier ?
Omar Ba : J’ai voulu casser certains stéréotypes. Même s’il y en a beaucoup qui s’en sortent, c’est souvent après des années d’une adaptation pénible. Or, il faut savoir dire « non » aux nombreuses sollicitations de la famille quand on n’a pas les moyens de les satisfaire. Je ne voulais pas non plus que ces immigrés continuent à se donner bonne conscience. Malgré l’argent envoyé, aucune impulsion économique ne se fait. Ces sommes servent plutôt, en grande majorité, à acquérir des biens privés comme un frigo ou une télé, et pas à créer des entreprises ou développer des projets. Il y a beaucoup de choses qui se dit sur l’immigration, seulement, on écoute toujours parler les spécialistes sur ces sujets alors qu’ils sont parfois bien loin des réalités.

Afrik.com : Vous dénoncez le comportement tapageur de certains immigrés qui rentrent en Afrique pour des vacances et également la couverture catastrophiste des médias concernant l’Afrique. Selon vous, les images renvoyées de l’Europe et de l’Afrique par ces vecteurs ne correspondent pas à leurs réalités ?
Omar Ba : Elles collent en fait très peu à la vie de ces personnes. Si on prend l’exemple des immigrés, ils sont vu comme ayant réussi parce qu’ils peuvent rentrer pour quelques jours de vacances. Seulement, il faut savoir que c’est souvent leur seul bol d’air de l’année. Ils bossent parfois très dur, accumulant pour certains deux ou trois boulots, avec des horaires pénibles. Ils n’ont le temps de s’occuper d’eux que lorsqu’ils retournent au pays. La plupart n’évoquent pas leurs problèmes. Pour beaucoup de familles, l’Europe est vu comme un paradis d’où l’on revient chargé de cadeaux. C’est faux. Les médias entretiennent aussi le mythe. Dans ses conditions, aller expliquer à un jeune qu’il ne faut pas y aller… Moi-même qui est véçu là-bas, les images de guerres et de famines finissaient par m’effrayer. Certes, les médias relatent une certaine réalité seulement je leur reproche de ne parler de l’Afrique que lorsque cela va mal, un peu comme pour les banlieues en France.

  Auteur: Christelle Mensah  

Remaniement : Rama Yade, la rebelle des Droits de l’Homme aux Sports

 

 

Rama Yade, benjamine à 32 ans du gouvernement et en tête des indices de popularité, a gagné un pari : être capable de dire "non" au président et survivre à un remaniement, mais elle abandonne un secrétariat d’Etat très en vue, les Droits de l’homme, pour le portefeuille des Sports.

rama%20yade.jpgD’origine sénégalaise, elle est avec l’ex-ministre de la Justice, Rachida Dati, un symbole de la promotion de la "diversité", la volonté d’ouvrir la classe politique à des personnalités issues de l’immigration.

Depuis son entrée au gouvernement en 2007, cette adepte du franc-parler a su traverser les crises et encaisser les coups avec aplomb.

En décembre 2007, à l’occasion de la visite à Paris du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, elle se démarque avec éclat du langage policé du ministère des Affaires étrangères auquel elle est rattachée.

"Notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits", dit-elle alors, s’attirant aussitôt une convocation à l’Elysée.

Un an plus tard, en décembre 2008, lors du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, son ministre de tutelle Bernard Kouchner qualifie "d’erreur" la création du secrétariat d’Etat qu’elle dirige.

"J’ai senti le tapis glisser sous mes pieds. Et j’ai décidé de faire face", a-t-elle raconté récemment. Car Rama Yade se dit "comme un poisson dans l’eau" au gouvernement. "Je suis en phase avec la fonction par mon histoire, mon tempérament, mes goûts", assure-t-elle.

Ses relations avec Bernard Kouchner sont pour le moins compliquées. Paradoxalement, la déclaration de ce dernier sur l’inutilité supposée de sa fonction la propulse au sommet des sondages.

Elle est toujours la deuxième personnalité politique préférée des Français, derrière Jacques Chirac, selon le classement des personnalités Ifop/Paris-Match à paraître jeudi.

Au quotidien, elle propose ses sujets à son ministre : "des fois c’est oui, des fois c’est non, et c’est la vie", dit-elle.

Elle choisit des thèmes particuliers, comme les femmes, l’adoption ou la lutte contre l’homophobie, et représente aussi beaucoup la France à l’étranger lors de cérémonies ou de réunions.

Avec le président Nicolas Sarkozy, les relations ne sont pas non plus toujours simples. Le chef de l’Etat, son mentor en politique, pique une colère lorsque Rama Yade décline sa proposition de se porter candidate aux récentes élections européennes.

Rama Yade multiplie malgré tout les interventions dans les médias, parle de beaucoup de sujets, mais aurait subi des remontrances après des déclarations sur l’Iran.

La liberté de ton de la seule personnalité noire du gouvernement n’a cependant pas sonné le glas de la poursuite de son aventure gouvernementale. Supposée en disgrâce il y encore peu, elle rempile aujourd’hui au secrétariat d’Etat aux Sports.

Née le 13 décembre 1976 à Dakar, de confession musulmane, elle passe son enfance au Sénégal, avant de rejoindre une cité de Colombes (Hauts-de-Seine). Parallèlement à ses fonctions au gouvernement, elle reste très impliquée dans la vie de cette ville.

Après des études à Sciences-Po, elle devient directrice de la communication de la chaîne parlementaire Public Sénat (2005) et administratrice au Sénat (2006).

C’est avec Nicolas Sarkozy qu’elle se lance en politique. En mars 2006, elle est nommée secrétaire nationale de l’UMP à la francophonie. Elle publiera peu après un livre, "Noirs de France".

  Auteur: sources:AFP et Le point.

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