mercredi, 04 novembre 2009

Couvre feu pour les mineurs délinquants: "on se moque du monde", selon Aubry

La Première secrétaire du PS Martine Aubry a estimé mercredi que le gouvernement "se moque du monde" en proposant un nouveau texte sur la sécurité, qui imposerait un couvre-feu pour les mineurs délinquants, alors que les effectifs de police ont diminué.

Mardi soir, lors d'une rencontre organisée avec des élus de la majorité présidentielle, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait évoqué l'idée d'un couvre-feu concernant les mineurs de moins de 13 ans, ayant déjà commis un acte de délinquance.

Alors que le gouvernement "dans le budget actuel, vient d'annoncer plusieurs milliers" de policiers et de gendarmes "en moins", "vous pensez vraiment qu'il va y avoir des policiers pour aller contrôler la nuit, s'il y a un jeune qui est dans la rue, s'il a moins de treize ans ou plus de treize ans, s'il a été condamné, et s'il peut sortir? On se moque du monde!", a critiqué la maire de Lille sur RTL.

Et de prendre pour exemple sa ville, qui a perdu "160 policiers" selon elle.

"Ce ne serait jamais que le 23e texte qu'a sorti le gouvernement depuis maintenant deux ans sur la sécurité, nous faisant croire qu'à chaque fois qu'il y avait un problème, il suffisait de faire voter une loi pour que ça change", a-t-elle aussi reproché.

Pour la Première secrétaire du PS, la sécurité est "un problème global", "un problème de prévention", "un problème de sanctions", et "un problème de moyens, notamment en hommes". "On ferait mieux de remettre de la police de proximité qui puisse accompagner les familles, les convoquer, leur expliquer qu'il y a des choses qui ne vont pas (...)", a-t-elle suggéré. AP

mercredi, 19 novembre 2008

Tous contre Rachida Dati

Plus de 500 magistrats ont transmis lundi à la Chancellerie une "motion" dans laquelle ils dénoncent l'"incohérence des politiques pénales" et demandent des "excuses publiques" à la ministre de la Justice, Rachida Dati, pour l'affaire de Metz, révèle Le Figaro mercredi.
Selon le quotidien, il s'agit de 534 magistrats, dont "des dizaines en milieu de carrière" et "parfois même, haut placés dans la hiérarchie judiciaire". Parmi eux figurent des présidents et vice-présidents de tribunaux de grande instance, des procureurs adjoints ou des présidents de chambres de cours d'appel.

Dans leur pétition, publiée par Le Figaro, ils dénoncent "les pressions personnalisées exercées par la garde des Sceaux", qu'ils jugent "inadmissibles". Par ailleurs, ils stigmatisent les "injonctions paradoxales" d'une politique qui développe les peines planchers.

Enfin, ils demandent à Rachida Dati d'exprimer des "regrets et des excuses publiques à l'égard de la substitut de Sarreguemines injustement critiquée".

Le 8 octobre, deux jours après le suicide par pendaison d'un adolescent de 16 ans à la prison de Metz, cinq inspecteurs judiciaires avaient débarqué en pleine nuit à la Cour d'appel de Metz, où ils avaient convoqué, en dehors de tout cadre légal, le procureur de Sarreguemines et son substitut et les avaient interrogés jusqu'à tôt le matin, selon le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche).

Dans un entretien au Figaro mercredi, la garde des Sceaux a répondu au contenu de la motion en estimant "que des magistrats veuillent faire polémique sur des choses qui ne sont pas justes me paraît troublant".

"A aucun moment, je n'ai critiqué cette décision de justice. A aucun moment dans l'affaire de Metz, je n'ai rencontré le magistrat qui a pris la décision d'incarcération", a-t-elle ajouté.

"Pour autant, si je comprends les difficultés des magistrats", a expliqué Mme Dati, "je ne peux accepter les mises en cause".

"En tant que garde des Sceaux, je mets en oeuvre une politique pénale ferme, souhaitée par les Français, votée par le parlement, qui a essentiellement pour objet la protection des citoyens et la lutte contre la récidive en réinsérant les personnes détenues", a-t-elle précisé.

mercredi, 12 novembre 2008

Cameroun : les Bakassi Freedom Fighters libèrent leurs otages

Le gouvernement français exprime sa satisfaction
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Les ravisseurs qui ont enlevé dix personnes (sept Français, deux Camerounais et un Tunisien) fin octobre au large de la péninsule de Bakassi, dans l’ouest du Cameroun, ont relaxé,

« J’exprime ma satisfaction et mon soulagement après la libération des dix marins de la société Bourbon – 7 ressortissants français, 2 Camerounais, 1 Tunisien –, pris en otage le 31 octobre au large de la presqu’île de Bakassi au Cameroun », a déclaré Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères. « J’exprime ma gratitude aux autorités camerounaises et en particulier au président Paul Biya dont la mobilisation constante a permis la libération des dix otages », a ajouté M. Kouchner.

Un dirigeant des Bakassi Freedom Fighters (BFF) a, par la suite, confirmé par téléphone la libération des otages à l’AFP. « Les otages sont libres », a affirmé le général AG Basuo, chef du Conseil de sécurité et défense du delta du Niger (NDDSC), dont font partie les BFF qui avaient revendiqué l’enlèvement. L’organisation avait kidnappé les dix personnes alors qu’elles se trouvaient au bord d’un navire travaillant dans le secteur pétrolier. Selon une source diplomatique à Yaoundé contactée par L’AFP, les ex-otages devraient arriver dans la soirée de mardi dans la capitale camerounaise et les Français repartir vers l’Hexagone « dans la nuit ».

Ni le ministère français des affaires étrangères, ni le gouvernement camerounais n’ont donné de précisions sur les conditions de cette libération ni sur le lieu où se trouvait les otages. Les BFF avaient revendiqué l’enlèvement et avaient, dans un premier temps, menacé de tuer les otages "un par un", avant de "changer d’avis" le 1er novembre. Ils avaient ensuite indiqué être prêst à les garder jusqu’à l’ouverture de négociations avec Yaoundé.

La péninsule de Bakassi, dans le delta du fleuve Niger, dont les eaux sont potentiellement riches en pétrole et gaz, a été rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août, après quinze ans de querelles frontalières. Les BFF s’élèvent contre cette décision. Ils estiment que cette rétrocession s’est faite sans consulter les populations locales.

vendredi, 23 mai 2008

Pas de décision concernant Villepin dans l'affaire Clearstream

PARIS, 18 mai (Reuters) - Le parquet de Paris a démenti les informations selon lesquelles il pourrait demander un non-lieu pour Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream.
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Aucune décision n'est prise, que ce soit dans le sens d'un non-lieu ou d'un renvoi, précise-t-on au parquet de Paris.

En outre, le réquisitoire "n'est pas pour le moment à la signature", comme l'avait fait entendre un hebdomadaire, a-t-on ajouté.

"Le réquisitoire de l'affaire Clearstream par le procureur Jean-Claude Marin va probablement demander un non-lieu général pour Dominique de Villepin", avait rapporté le site internet de l'hebdomadaire Marianne sans citer ses sources.

"Le document est sur le bureau de Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, depuis une dizaine de jours et n'attend plus que son paraphe pour être transmis aux juges de l'affaire Clearstream, Henri Pons et Jean-Marie d'Huy", ajoutait Marianne2.fr.

L'enquête sur une possible manipulation ayant visé Nicolas Sarkozy à l'aide de fausses listes de comptes de la société Clearstream en 2004 a été refermée en février après trois ans et demi d'investigations, mais le procès de l'affaire semble encore loin.

L'ancien Premier ministre a été mis en examen pour "complicité d'usage de faux et de dénonciation calomnieuse, recel de vol et recel d'abus de confiance".

Les charges contre Dominique de Villepin reposent sur des documents retrouvés dans l'ordinateur du général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement.

La thèse des juges est que Dominique de Villepin, qui a d'abord demandé des enquêtes parallèles sur les listes à Philippe Rondot puis à la DST, a ensuite poussé à leur remise au juge Van Ruymbeke, dans l'espoir d'éliminer Nicolas Sarkozy dans la perspective de la présidentielle 2007.

Dominique de Villepin a nié ces charges.

lundi, 12 mai 2008

LBEREZ INGRID BETANCOURT

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dimanche, 11 mai 2008

Un boulanger tué en Meurthe-et-Moselle

NANCY - Un boulanger de 60 ans a été tué dans sa maison de Crépey (Meurthe-et-Moselle) abritant aussi son petit commerce à l'ancienne, a-t-on appris dimanche auprès de la gendarmerie, qui privilégie la piste du crime crapuleux. Une autopsie devrait être pratiquée mardi à Nancy et permettre d'établir l'heure de son décès au cours de la nuit de vendredi à samedi.

L'un des frères de Gérard Thomassin a été alerté par des voisins surpris de ne pas voir les volets de la boutique ouverts à 7h30. Le boulanger était un lève-tôt: l'artisan faisait avec sa soeur la tournée des villages voisins pour distribuer le pain qu'il fabriquait lui-même depuis des décennies.

Après avoir découvert le drame, le frère du boulanger a prévenu les gendarmes. Ces derniers ont constaté que l'artisan, toujours habillé, avait été ligoté sur son lit avec du ruban adhésif. Les enquêteurs ont aussi remarqué des traces de coups sur le visage. Un mouchoir avait été enfoncé dans la bouche de la victime, selon la gendarmerie.

Le ou les agresseurs ont fouillé les lieux et auraient emporté des objets. Les gendarmes de Nancy et de Toul tentent d'évaluer le butin, qui serait très limité, et ont entrepris de relever tous les indices. Gérard Thomassin avait déjà été attaqué en mars 2002. Cinq jeunes avaient alors sévi et dérobé 450 euros. Ils avaient été arrêtés et condamnés.

A l'annonce de la mort du boulanger, l'émotion a envahi Crépey, petit village de 300 habitants, à une vingtaine de kilomètres au sud de Toul, d'autant qu'une grande partie de la famille réside toujours dans cette commune où se trouvent ses racines.

Gérard Thomassin qui tenait un commerce faisant à la fois office de boulangerie, d'épicerie et de débit de tabac, vivait seul dans une vieille maison construite le long de la rue principale.

D'après les premiers témoins entendus, le boulanger a été vu tard dans la soirée de vendredi. Le sexagénaire travaillait sans relâche. Il avait succédé à ses parents qui avaient ouvert ce commerce, après la dernière guerre. AP

lundi, 05 mai 2008

Les Français mécontents de l'action de Nicolas Sarkozy, mais satisfaits de plusieurs de ses réformes

PARIS - Les Français sont peu satisfaits de l'action de Nicolas Sarkozy depuis son élection à la présidence -mais semblent adhérer à plusieurs des mesures prises depuis un an, selon un sondage OpinionWay à paraître lundi dans "Le Figaro".

Ainsi, seuls 32% des sondés sont satisfaits des résultats de la politique menée (contre 66% de mécontents), 36% sont satisfaits du respect des engagements de campagne (contre 61% de mécontents), 35% sont satisfaits de la manière dont M. Sarkozy exerce la fonction (contre 63% de mécontents) et 40% sont satisfaits des réformes engagées (contre 58% de mécontents).

En revanche, 50% des Français sont satisfaits de la façon dont le président défend les intérêts de la France à l'étranger, contre 48% de mécontents.

Ce bilan négatif est en partie contredit par l'adhésion des Français à plusieurs des mesures prises depuis l'arrivée de M. Sarkozy aux affaires il y a un an.

Ainsi, 84% des Français juge positivement "la possibilité de pouvoir disposer plus vite de la participation aux bénéfices de son entreprise", 82% la réforme des droits de succession, 80% l'instauration de peines plancher, 73% la défiscalisation des heures supplémentaires, ou encore 73% la loi sur le service minimum dans les transports.

En revanche, 72% jugent négativement le renforcement du contingent français en Afghanistan, 72% la création des franchises médicales, et 54% la réforme de la carte judiciaire.

Concernant les mesures envisagées et pas encore mises en oeuvre, les Français adhèrent à 69% au Revenu de solidarité active (RSA) et à 54% au passage à 41 ans de cotisation pour la retraite à taux plein. En revanche, ils sont contre la réforme de la carte hospitalière à 60% et contre le non-remplacement de 11.200 postes d'enseignants en 2009 à 66%.

-sondage réalisé en ligne du 30 avril au 2 mai auprès d'un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. AP

lundi, 28 avril 2008

Hommage à A. Césaire - Gérard Théobald

33d04470adfc361579aab853da742d5a.jpgLorsque j'ai appris la mort d'Aimé Césaire, nous venions à Invers@lis, de terminer une série de sujet sur ses deux faces les plus connus. Nous venions de parler du poète et de l'homme politique, mais nous n'avions pas parlé de l'homme, de la personne Aimé Césaire.

Hors de toute polémique sur son cercueil et de la destination de celui-ci vers les honneurs, souhaitant élevé au rang de l’immortalité nationale, il apparaît que la situation la plus simple et la plus cohérente pour l'homme, est qu'il soit enterré en sa terre de Martinique. Cette terre qui l'a vu naître, qui l'a vu grandir, qui l'a vu partir pour le voir revenir, rester et mourir.

Aimé Césaire a construit toute son oeuvre, son humanité à partir de cette terre négraille, dont il est la fierté locale, nationale, internationale pour toute personne s'identifiant à l'errance.

J'ai eu l'opportunité de rencontrer l'homme, le politique, le monument.

J'ai été frappé par deux choses, sa simplicité dans le rapport avec l'autre, sa voix douce qui ne laissait jamais échapper un sentiment ou un préjugé.

Lorsque, j’y pense, il y a aussi une troisième chose. Il accompagnait l'autre par un geste, par le toucher, par une attitude fraternelle. Dans ces moments-là, d'aucun était son égal. Ce comportement m'avait marqué chez l'homme, cette capacité à humaniser l'autre, toujours s'adressant à une tierce, il la nommait ou la prénommait. C’était point de la camaraderie, c’était du respect, de la personnification.

D'un nom, il était dans la possibilité d'inscrire une famille dans une localité, dans un espace, dans un parcours. Il était dans cette aptitude à décrire le passé, le présent, le futur, ainsi que la nature d'un être.

En ce sens à Fort-de-France il était non seulement un fils, un neveu, un mari, un père, un grand-père, un arrière grand-père, un oncle, un grand-oncle, un arrière grand-oncle et aussi un ami.

Encore, il y a Aimé Césaire l'autorité. L'autorité morale, non pas par son statut de géant mais par son statut de professeur qui a appris à quelques milliers d'élèves la littérature. D'ailleurs, certains d'entre eux sont devenus professeurs, ingénieurs, avocats, médecins et écrivains.

Cette réalité c'est aussi Aimé Césaire, cette réalité est aussi son implication dans cette île, de la Caraïbe, à qui il a donné une grandeur mondiale. Sur place, lors des obsèques, c'est cet homme-là qui a été honoré.

Hors de toute polémique, on ne peut honorer qu’un homme simple, généreux et fraternel.

Sa simplicité fut d'une telle force, qu'elle imposa le silence au premier des Français à qui il a offert, qu'on se le rappelle, le Discours sur le colonialisme lors d'une visite durant une campagne électorale et présidentielle.

Sa générosité fut telle qu’elle est la revanche de l'esclave enchaîné rompant ses chaînes par les maux avec des mots à la face du maître.

Son aura est telle qu’elle est admirée, tant par chez les Blacks Panthers d’Amérique que du Proche-Orient, en passant par l'Afrique du Nord et du Sud . Sa mémoire restera honorée.

Il s'agit là de l'ouverture d'une trace indélébile qui a trouvé son chemin sur l'ensemble des zones géographiques du monde. Sa sagesse permettait à chacun y compris les puissants de la nation de venir le consulter.

Il restera dans les mémoires des arts. Il restera dans les mémoires par la politique.

Et, il nous restera, nous, fruit de la génération Césaire à perdurer son oeuvre par la musique, par la littérature, par la peinture, par le cinéma. Sans doute le mélange des arts permettra à cet homme de trouver enfin le repos mérité d'une vie militante construite et remplie.

Peut-être le ferons-nous en écoutant la Marseillaise noire, Jacques Courcil, Manuel Césaire, sans oublier SOFT ou Jacques Schwarz-Bart.

Pour ma part, je continuerai la lecture des oeuvres de Césaire en écoutant ces groupes, ajoutés des sons d’Ella Fitzgerald, de Louis Armstrong, de Fela, de Malavoi, de Joby Valente, que sais-je... accompagné d’un rhum blanc et sec.

Et je continuerai à apporter ma construction à cette trace, laissant taire les chiens.
Merci Aimé Césaire.


Gérard Théobald

dimanche, 27 avril 2008

AIME CESAIRE;LE VOLCAN S EST ETEINT

C'est avec une profonde émotion que nous avons appris le décès d’Aimé Césaire, figure emblématique de la Martinique et combattant de la fraternité universelle.
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Il a exalté avec talent l’identité et les cultures noires en forgeant avec ses condisciples, Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas le concept de la «Négritude».

Le dernier pilier de ce triumvirat s’est effondré, le volcan des Antilles s’est éteint.

L’auteur de « Cahier d’un retour au pays natal »et « Discours sur le colonialisme » s'est servi de sa plume pour défendre la cause des opprimés, de ses frères de race, les «Damnés de la terre» selon l’expression de Frantz Fanon, son élève.

Césaire a rendu leur dignité aux peuples coupés de leur héritage ancestral. Il a noué des liens puissants avec l’Afrique, l’Europe et toute la Diaspora noire. Il écrivait dans son chef-d’œuvre:

«Aucune race n’a le monopole de l’intelligence, de la beauté, de la force, et il y a une place pour tous au rendez-vous de la victoire»

Élu démocratiquement, il a été le maire de Fort-de-France durant 56 ans. Il s’est donné corps et âme à sa tâche. Il s’est attaché à améliorer les conditions de vie des couches les plus défavorisées de sa ville. Il a créé un centre culturel et a ainsi remis en honneur la culture traditionnelle antillaise.

Visionnaire, il a illustré dans ses drames « Et les chiens se taisaient », «La tragédie du roi Christophe» ou « Une saison au Congo »le danger que guette une liberté mal assimilée. Il s’est inspiré de la poésie, du théâtre, de l’histoire et des essais pour défendre des idéaux nobles que sont la justice et la lutte contre le racisme, la discrimination et l’exclusion.

Pour la postérité, il demeurera un grand poète francophone du XXe siècle, un combattant de la liberté.
Au-delà de la Martinique et de la France, son nom continuera à rayonner dans le monde entier.
La France et l’Outre-Mer ont perdu un grand homme de lettres et un édile remarquable.

La poésie a perdu l’un des plus dignes représentant dont l’engagement a trouvé écho en Europe, en Afrique, au Canada et aux Etats-Unis.
A ses enfants, à sa famille éplorés, nous présentons nos sincères condoléances.
Au peuple martiniquais, nous partageons votre douleur.

Au nom du Conseil municipal de la ville d’Erlangen, et au nom de toutes les personnes, éprises de paix et de justice, ici dans ce pays, nous nous inclinons très respectueusement devant la dernière grande figure du mouvement émancipateur des peuples opprimés au XXe siècle.

L’Allemagne va lui rendre hommage par le biais des associations afro-allemandes, africaines et des instituts français. Selon la tradition antillaise, son esprit est retourné auprès de ses ancêtres en Afrique.

Qu’il repose en paix sous le regard bienveillant de ses ancêtres !

Que la terre lui soit légère!

Dr. Pierrette Herzberger-Fofana

Drherzbergerfofana@hotmail.com

jeudi, 24 avril 2008

Aimé Césaire : l’adieu de la nation et du pays natal

C’est dans le salon VIP de l’aéroport du Lamentin que s’est exprimé Nicolas Sarkozy à son arrivée à Fort-de-France quelques heures avant les obsèques d’Aimé Césaire.«Je veux dire à tous ceux qui nous écoutent que tous les Français se sentent Martiniquais dans leur cœur, que les 7 000 kms qui séparent la métropole de la Martinique n’ont jamais aussi peu compté», a-t-il confié à la presse. Plusieurs milliers de personnes avaient pris place dans les tribunes du stade Dillon où un «hommage culturel» a été rendu au poète de la «négritude». Beaucoup sont venues en famille, vêtues de blanc, pour dire adieu à Aimé Césaire, décédé jeudi à l’âge de 94 ans. «C’est le père, assisté de ses enfants et petits-enfants», soulignaient des Martiniquais.

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Un grand portrait de Césaire, «prototype de la dignité humaine» (selon le mot d’André Breton), ainsi que des extraits de son œuvre, ont été exposés dans le stade, qui vibrait régulièrement aux ovations du public. Une plaque de céramique portant le nom d’«Aimé Césaire (1913-2008)» et les mots «Liberté, identité, responsabilité, fraternité», avait été posée sur le fauteuil destiné au président de la République. Durant l’hommage, des textes d’Aimé Césaire - Et les chiens se taisaient, Calendrier lagunaire… - devaient être dits par des comédiens antillais et africains. De nombreuses personnalités politiques, plusieurs ministres, François Bayrou (Modem) et des responsables du PS, notamment François Hollande, Laurent Fabius, Lionel Jospin et Ségolène Royal étaient présents.

Jeunesse. Mais le seul discours politique que la population réunie au stade devait entendre était celui de Pierre Aliker, compagnon de toujours du poète martiniquais. Il devait rappeler les années d’amitié, de jeunesse, jusqu’au grand âge pour conclure sur un vibrant appel à la nation : «Les spécialistes de l’expression martiniquaise ce sont les Martiniquais.»

Les trombes d’eau qui se sont abattues sur Fort-de-France hier matin n’ont pas arrêté ces derniers. Durant de longues heures, ils étaient encore nombreux à venir saluer leur héros national. Deux jours et deux nuits de veillée où ils se succèdent en file plus ou moins dense mais jamais interrompue, même au plus creux de la nuit, devant le cercueil d’Aimé Césaire. Celui qui voulait éviter le déshonneur de trop d’honneurs aura eu les funérailles nationales des plus grands, après l’hommage des plus petits, ceux qui l’ont accompagné durant cette longue marche dans les rues. Des témoignages écrits aux murs mêmes de la ville, aux grilles de l’ancien hôtel de ville, une litanie de «merci», de souvenirs personnels, de regrets aussi. On brandit une lettre, une photo, réminiscences d’instants, cent soixante ans après l’abolition de l’esclavage, cinquante-deux ans après la départementalisation qui instituait la continuité territoriale et l’égalité citoyenne.

Si toutes les voix clament que l’ancien maire et député appartient à la communauté humaine sans distinction, c’est à la nation martiniquaise et à ses frères de sang de la mère Afrique qu’auront été réservées les prises de parole publique.

Négociations. La mairie a négocié pied à pied avec la famille qui souhaitait que l’ensemble de l’hommage reste intime. Dans les communes, des bus gratuits ont permis à la population de rendre hommage.
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On dit la Martinique souffrant d’incertitude identitaire. Elle a prouvé depuis jeudi 17 avril, le jour du décès d’Aimé Césaire, que les graines de responsabilité, d’autonomie identitaire semées avec ténacité par son père spirituel peuvent donner des pousses vives.

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