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lundi, 13 décembre 2010

Fillon rappelle Hortefeux à l'ordre sur les policiers

François Fillon a rappelé lundi à l'ordre lundi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux après les critiques de ce dernier contre un jugement condamnant des policiers reconnus coupables de fausses accusations.Sept policiers ont été condamnés vendredi par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à des peines de six mois à un an de prison ferme pour des faits de violences et de fausses accusations de tentative d'homicide

Ce jugement a suscité la colère des syndicats de policiers qui ont organisé, fait exceptionnel, une manifestation devant le tribunal. Brice Hortefeux avait aussitôt qualifié le jugement de "disproportionné" et a répété cette appréciation ce week-end.

S'exprimant devant des préfets lundi, au ministère de l'Intérieur, le Premier ministre François Fillon, qualifiant les faits imputés aux policiers d'"injustifiables", a implicitement rappelé le ministre à ses obligations.

"L'honneur de la police exige un comportement exemplaire (...) Le respect dû à la justice est un des fondements de l'Etat", a-t-il dit, emboîtant le pas au ministre de la Justice, qui avait défendu les magistrats dans Le Parisien de dimanche.

Il a pondéré ses critiques en reprenant certains des griefs adressés par les policiers aux magistrats : "Le travail des policiers et des gendarmes doit être suivi de jugements, et les peines prononcées doivent être exécutées".

Mais le chef du gouvernement a conclu en appelant "chacun à la raison, à la modération et au sens des responsabilités".

LE PRÉSIDENT DE LA COUR D'APPEL INTERVIENT

Plus tôt dans la journée, Brice Hortefeux avait déjà été visé par un communiqué de Jacques Degrandi, président de la cour d'appel de Paris, qui jugera les policiers en appel.

"Certains commentaires sur le jugement des faits reprochés à des agents de police devant le tribunal de grande instance de Bobigny sont de nature à troubler la sérénité des débats qui auront lieu en cause d'appel", écrit le magistrat.

"Les décisions de justice ne peuvent être remises en cause que par l'exercice des voies de recours. L'indépendance juridictionnelle des juges est une condition essentielle de la démocratie", souligne-t-il.

Cette affaire intervient après plusieurs passes d'armes ces derniers mois entre certains syndicats de police et les organisations de magistrats.

Les premiers critiquent des décisions de remise en liberté jugées laxistes alors que les seconds répondent que leur travail consiste à apprécier les charges et non à emprisonner systématiquement toute personne arrêtée par la police.

Le tout se déroule dans un climat tendu de montée des violences dans les banlieues pauvres, que les juridictions et les policiers peinent à traiter faute de moyens.

Le principal syndicat de magistrats français a demandé lundi au ministre de la Justice d'intervenir.

"La stigmatisation des magistrats, la recherche d'un bouc émissaire, peut-être pour faire oublier les résultats en demi-teinte de la politique de sécurité des gouvernements successifs, conduisent inexorablement à une décrédibilisation de la justice dans l'opinion publique", écrit au ministre le président de l'USM, Christophe Régnard.

Il suggère donc, soit une table ronde policiers-magistrats sous l'égide du Premier ministre, soit des poursuites contre Brice Hortefeux car le code pénal, rappelle-t-il, sanctionne le fait de jeter le discrédit sur une décision de justice.

En réponse, le cabinet de Michel Mercier a annoncé qu'il recevrait les syndicats de magistrats mercredi.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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