vendredi, 06 novembre 2009

Somalie : Aïcha, 13 ans, violée, lapidée

Violée par trois hommes, Aïcha Ibrahim Duhulow, une Somalienne de 13 ans, avait cherché de laide auprès des autorités de Kismayo, dans le sud du pays. En vain. Ces dernières, sous la coupe dAlShabab, un groupe armé composé de jeunes militants islamistes qui terrorisent la région, nont rien fait pour la secourir. Au contraire. Jugée par un tribunal islamique, Aïcha a été reconnue « coupable » dadultère et condamnée à la lapidation. Le 17 octobre dernier, ladolescente a été emmenée dans le stade de Kismayo, et mise de force dans un trou. Ses bourreaux lont recouverte de pierres, ne laissant que sa tête à lair libre. Aïcha a été lapidée par cinquante miliciens, jusquà ce mort sensuive. Selon des témoignages recueillis par Amnesty international, un millier de personnes ont assisté ce jour-là à son calvaire. Lhistoire ne dit pas si les violeurs dune enfant de 13 ans, mise à mort dans datroces souffrances par un tribunal islamique, ont été arrêtés.Caroline Laurent-Simon> Le site d'Amnesty30/10/2009

mardi, 27 mai 2008

Procès fini, Fourniret fait des vers et ne fera pas appel

CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes (Reuters) - Au terme de deux mois de procès où il a avoué sept meurtres de jeunes filles, Michel Fourniret a lu , en guise de dernière déclaration, des vers composés de sa main brocardant l'avocat général ainsi que son épouse et co-accusée Monique Olivier.
73ced3f0b985ac385c9513cf9794bafe.jpg
Son avocat Pierre Blocquaux a annoncé auparavant qu'il ne ferait pas appel, quelle que soit la peine.

La cour et le jury se sont retirés dans une caserne de CRS, où ils resteront coupés du monde jusqu'à leur verdict attendu mercredi dans la journée.

Retournant des feuilles manuscrites, l'accusé a lu d'abord des vers louangeurs pour les parties civiles, puis a déclamé à l'adresse de l'avocat général : "Il n'en fut point de même sur les bancs du parquet, et ce fut sans surprise de la part d'un roquet", suscitant un rappel à l'ordre du président.

Le qualifiant de "clown", de "monstre nécrophile", l'avocat général Francis Nachbar avait demandé contre lui jeudi dernier la réclusion à perpétuité sans possibilité d'aménagement de peine.

A l'intention de son épouse, qui est jugée comme complice pour quatre meurtres et co-action dans un cinquième, l'accusé a lu ces vers : "Parfois le fond du box sent ce que sent la caque, les puanteurs d'autrui, au fond piètre cloaque".

Le tueur est ensuite revenu à la prose pour prendre sa propre défense et se présenter favorablement, revenant sur l'expression 'petit Fourniret' utilisée par l'avocat général : "Aucun texte à ma connaissance n'interdit à un petit Fourniret d'avoir de-ci de-là un coeur de grand bonhomme".

Il a ensuite encore nié implicitement être l'auteur des deux autres crimes pour lesquels il est mis en examen, qualifié encore l'avocat général de "SSP pour 'simplet sur pattes'", allusion à l'expression "MSP, membrane sur pattes" qu'il employait du temps de ses crimes pour ses victimes vierges.

Enfin, il a défendu Monique Olivier : "Je persiste à dire que Monique Olivier est une pauvre bonne femme incapable de nuire individuellement à quiconque dans la société, sans que ça m'empêche d'avoir une terrible dent contre elle".

Monique Olivier a simplement déclaré : "Je regrette tout ce que j'ai fait, c'est tout".

LA JUSTICE ACCUSÉE

Avant l'accusé, son avocat Pierre Blocquaux, commis d'office, a plaidé brièvement pour prendre le contre-pied de l'avocat général, qui avait dénié toute humanité aux accusés.

"Quoiqu'il ait fait, c'est un homme que l'on juge. Que ça plaise ou non, c'est une évidence, Michel Fourniret fait partie de notre humanité, hélas il fait partie de notre humaine condition", a dit l'avocat.

L'avocat a ensuite retourné ses flèches contre le système judiciaire, dont les deux mois de procès ont révélé les multiples défaillances.

"Ce procès ne doit pas masquer un ensemble d'occasions ratées, d'incuries, de fautes", a-t-il dit.

Il en a fait la liste : refus d'enquêter sur la disparition d'Isabelle Laville en 1987, pas de révocation du sursis accordé à Fourniret lors de ses comparutions pour des délits dans les années 1990, aucune suite donnée à la plainte du truand Jean-Pierre Hellegouarch en 1998, dont Fourniret avait pourtant tué la femme.

L'avocat a dit aussi son "effarement et son effroi devant l'épouvantable gâchis qui entoure Fourniret".

Il a rappelé le suicide d'un vétérinaire de Nantes faussement soupçonné d'un crime de Fourniret, évoqué un jeune homme de vingt ans incarcéré à tort durant trois mois pour un autre crime du tueur, rappelé la mémoire de Farida Hamiche, épouse d'Hellegouarch dont le meurtre ne fut jamais poursuivi.

Il a rappelé le suicide d'une fille de Michel Fourniret après son arrestation et a conclu : "Ça fait beaucoup, ça pèse des tonnes sur ce champ de ruines".

L'avocat a enfin voulu faire silence en hommage aux victimes, dont les familles étaient présentes. A leur intention, il a conclu sur des vers de Baudelaire : "Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille. Tu réclamais le soir, il descend, le voici".

Thierry Lévêque

jeudi, 15 mai 2008

Pédophilie, criminalité et banditisme:Michel Fourniret continue son show de très mauvais goût

1270bb3ff419bf40f85a0b947bd1e8b9.jpg
Michel Fourniret a commencé à s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés ce matin lors de l’ouverture de l’audience de la cour d’assises des Ardennes comme il l’avait promis la semaine dernière. Après avoir jusqu’à présent refusé de s’exprimer sur les sept meurtres et les tentatives d’enlèvement pour lesquels il est poursuivi, le tueur en série présumé a détaillé sa rencontre avec Marie-Ascension, l’adolescente belge de 13 ans, qui a permis son arrestation le 26 juin 2003. « Il y avait une intention de sabordage », a-t-il expliqué au sujet de ce kidnapping raté. L’Ardennais a indiqué que ce jour-là, « il sortait d’une maison qui sentait la vinasse, qu’il était dans un fiasco familial et dans un fiasco à Sart-Custinne (son domicile belge) ». « Je ne sais pas où j’en étais », a-t-il ajouté.

mercredi, 30 avril 2008

Le père incestueux écroué en Autriche, les tests ADN positifs

AMSTETTEN, Autriche (Reuters) - Josef Fritzl, un Autrichien de 73 ans qui a reconnu avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans dans un sous-sol et avoir eu avec elle sept enfants, a été confondu par des tests ADN et placé en détention provisoire par un juge de Sankt-Pölten.

Le vieil homme refuse de s'exprimer, sur les conseils de son avocat, et le juge a autorisé la police à le maintenir en détention pendant la durée de l'enquête.

Des tests ADN, dont les résultats ont été communiqués mardi par la police, prouvent que Fritzl est bien le père des six enfants encore en vie mis au monde par sa fille Elisabeth.

Le septième, dont Fritzl a avoué avoir incinéré le cadavre, est décédé peu de temps après sa naissance.

"Les résultats montrent que les six enfants auxquels la malheureuse Elisabeth Fritzl a donné naissance dans la cave sont sans aucun doute de son propre père, Josef Fritzl", a déclaré lors d'une conférence de presse Franz Polzer, chef de l'unité d'enquête criminelle chargée de l'affaire.

L'ancien électricien de 73 ans a passé la nuit de lundi à mardi dans la prison de Sankt-Pölten, chef lieu de la province de Basse-Autriche, où il a été placé dans une grande cellule de deux personnes et surveillé en permanence afin de s'assurer qu'il ne tente pas de se suicider, a déclaré le directeur de l'établissement, Günther Mörwald.

Parallèlement, les enquêteurs poursuivaient mardi leurs recherches dans le sous-sol de 60 mètres carrés où Fritzl séquestrait depuis 1984 sa fille Elisabeth, âgée de 42 ans.

"UN MILLION DE QUESTIONS SANS REPONSES"

Elisabeth Fritzl a déclaré dimanche à la police que son père, Josef Fritzl, l'avait attirée en 1984 dans la cave de l'immeuble où ils vivaient, l'avait droguée puis menottée avant de la séquestrer et de la violer à de nombreuses reprises.

De ces relations incestueuses sont nés sept enfants, dont trois, âgés de 19, 18 et 5 ans, ont vécu enfermés toute leur vie dans la cave avec leur mère. Trois autres ont été élevés par Josef Fritzl et sa femme, le dernier étant décédé peu de temps après sa naissance.

Elisabeth et ses six enfants se sont retrouvés dimanche et cette rencontre s'est "incroyablement" bien déroulée, a témoigné mardi Berthold Kepplinger, directeur de la clinique provinciale de Basse-Autriche, lors d'une conférence de presse. "Les enfants vont bien", a-t-il souligné.

Les autorités et la presse autrichiennes se demandent comment de tels événements ont pu se produire sans éveiller la curiosité des voisins, alors que la maison des Fritzl est située dans une rue commerçante et animée de la petite ville d'Amstetten, à 180 km à l'ouest de Vienne.

Deux-cents habitants munis de cierges se sont rassemblés sur la place centrale pour exprimer leur soutien à la famille.

"Le monde extérieur semble croire qu'Amstetten est une ville abominable et que ses habitants se fichent les uns des autres. Nous voulons montrer que ce n'est pas vrai", a déclaré Elisabeth Anderson, organisatrice du rassemblement.

La police croit que la femme de Josef, Rosemarie, ignorait tout, son mari lui ayant affirmé au moment de la disparition de leur fille que celle-ci avait fui pour rejoindre une secte avant "d'abandonner" trois de ses enfants recueillis par le couple.

Josef Fritzl avait ensuite forcé Elisabeth à écrire des lettres de sa propre main pour rendre crédible ce scénario, a précisé la police.

DES DESSINS D'ENFANTS SUR LE SOL

L'affaire a éclaté lorsque l'aînée des enfants est tombée gravement malade et a été hospitalisée à Amstetten, vendredi dernier.

Le médecin qui soigne la jeune fille, le dr Albert Reiter, a déclaré mardi que son état était toujours critique et qu'elle devait être maintenue dans un coma artificiel encore plusieurs jours.

"Le pronostic vital de notre patiente est sérieusement engagé car elle a été victime d'un manque d'oxygène à un moment, entre mercredi et vendredi derniers", a-t-il déclaré à la télévision allemande N24.

"Outre vingt ans passés sous terre, vingt ans sans lumière du jour, vingt ans de stress psychologique, il y a d'autres facteurs comme une infection", a ajouté le médecin.

Après l'hospitalisation de l'aînée, Josef Fritzl avait sorti Elisabeth et les deux autres enfants séquestrés de la cave, déclarant simplement à sa femme que leur fille avait décidé de rentrer à la maison.

Des photographies du sous-sol, qui n'excédait pas 1,70m de hauteur par endroit, montrent un passage étroit conduisant à plusieurs pièces dont un espace pour faire la cuisine, une zone aménagée pour le sommeil et une petite salle de bain avec une douche. Sur le sol, on aperçoit des dessins d'enfants.

Le ministre de la Justice a présenté mardi un projet de loi pour renforcer la "protection légale des victimes", en particulier dans les affaires de sévices sexuels.

Version française Clément Dossin

mardi, 08 avril 2008

Michel Fourniret et son épouse étalent leurs divergences

CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes (Reuters) - Michel Fourniret et Monique Olivier, jugés lundi pour l'enlèvement, le viol et le meurtre en 1988 de Fabienne Leroy, 20 ans à l'époque, ont distillé tour à tour et au compte-goutte leurs témoignages, révélant leurs différences de vue et leurs incohérences.

"Je continue à considérer Monique Olivier comme une pauvre paumée, une souris effarouchée d'un rien mais prête à tout pour se distinguer de la masse", a dit Michel Fourniret dans son style caractéristique, souvent ampoulé et à la limite du non-sens.

Poussé par Me Chemla, avocat des parties civiles, Fourniret, vêtu d'un pull bleu, les cheveux gris peignés au millimètre, avait accepté de répondre à deux questions précises sur le déroulement des faits.

Eludant partiellement la première question, arguant que quand il mettait "le doigt dans l'engrenage, tout y passe" et qu'il préférait s'arrêter là, il s'est attardé sur la question concernant la personnalité de Monique Olivier.

"Je persiste aussi à dire que Monique n'a pas un fond de méchanceté en elle" a-t-il ajouté.

Michel Fourniret et Monique Olivier comparaissent depuis le 27 mars devant la cour d'assises des Ardennes pour sept meurtres.

Surnommé "l'ogre des Ardennes", Fourniret a admis pour la première fois depuis le début du procès son implication dans un meurtre.

"Je reconnais les faits", a-t-il dit à Gilles Latapie, président de la cour, en ouverture de la sixième journée d'audience.

Muet le reste de la matinée, il a repris la parole dans l'après-midi, jugeant "grotesques" les clichés, projetés à l'audience, de la reconstitution du meurtre de Fabienne Leroy, tuée par balle près de Mourmelon le 4 août 1988.

A l'inverse, Monique Olivier, disserte le matin, s'est murée l'après-midi dans le silence lorsqu'elle s'est retrouvée confrontée à ses incohérences.

TROUS DE MEMOIRE

Les mains tremblantes, écrasant de temps en temps ostensiblement une larme, Monique Olivier a d'abord livré les grandes lignes de l'assassinat de Fabienne Leroy, enlevée sur un parking de supermarché et conduite dans la forêt.

L'épouse Fourniret a ainsi admis avoir tenu en joue "avec un pistolet à grenailles" Fabienne Leroy pour la faire descendre du véhicule.

En revanche, elle nie avoir assisté au viol et au meurtre, ayant été congédiée par son mari en colère.

"Michel Fourniret m'a demandé de vérifier la virginité de Mlle Leroy mais je n'ai pas pu le faire", a-t-elle dit. "Il s'est ensuite mis en colère et m'a demandé de dégager car j'étais une inutile, une bonne à rien."

Monique Olivier serait alors remontée dans la voiture, à distance de la scène du crime.

"Je regrette, c'est impardonnable", a-t-elle poursuivi, presque inaudible. "Mais je ne pensais pas qu'il ferait ça. J'ai agi par peur."

Lorsqu'il s'est agi d'examiner les faits en détails, Monique Olivier a multiplié les "Je ne sais pas" et les "Je ne me souviens pas", se réfugiant la plupart du temps dans le silence.

Les avocats des parties civiles, relayés par l'avocat général, n'ont pas manqué de souligner les incohérences et contradictions avec les précédentes versions données par Monique Olivier.

Ainsi l'épouse Fourniret avait déclaré lors de sa première audition avoir vue Fabienne Leroy nue, allongée, sans pantalon, ce qu'elle a contesté lundi. "Non, je ne l'ai pas vu", a-t-elle dit, visiblement embarrassée, sans donner plus d'explications sur les raisons de ce revirement.

Jéremy Marot