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lundi, 11 mai 2009

Les dés sont-ils déjà jetés ou pipés ?

Quels sont les véritables enjeux des élections régionales du 7 juin prochain ? Les dés ne sont-ils pas déjà jetés, voire pipés ? Est-il exact que, quoi qu’on vote, c’est l’"Olivier" (PS-CDH-Ecolo) qui s’imposera ? Tentons d’y voir clair ?

 

 

1 Qui sera premier ?

Il y a deux matches à l’intérieur du scrutin. Le premier : qui du PS ou du MR deviendra le premier parti wallon, bruxellois et celui de la Communauté française. A Bruxelles, il semble acquis, vu les rapports de forces actuels, que les libéraux maintiendront leur suprématie.

 

La principale question concerne donc la Région wallonne. Aux élections fédérales de 2007, le MR avait conquis la première place de parti wallon et de la Communauté française. Les troupes de Didier Reynders sont persuadées de pouvoir confirmer cet "exploit", tandis que celles d’Elio Di Rupo annoncent qu’elles reprendront, cette fois, le trophée aux libéraux.

C’est capital : le président du premier parti wallon aura "la main" pour entamer les négociations en vue de la constitution des majorités à la Région wallonne et en Communauté française, même s’il se pourrait très bien - cas de figure- que le PS soit le premier parti wallon et le MR, premier parti en Communauté française (tenant compte des résultats à Bruxelles).

2 Qui sera le deuxième parti ?

Le deuxième combat va opposer le CDH à Ecolo pour la place de troisième parti wallon (tandis qu’à Bruxelles, les verts espèrent même redevenir 2e, comme en 99).

3 Que se passera-t-il si le PS redevient premier parti wallon ?

Dans ce cas, tout semble indiquer que la volonté des socialistes sera de construire une majorité de type "Olivier" (PS-CDH-Ecolo). Pourquoi une coalition à 3 et pas à deux (PS-CDH) comme ce fut le cas au cours de la dernière législature ? Tout d’abord, parce qu’il faudra sans doute 3 partis pour asseoir une majorité stable. Et même si PS et CDH obtenaient cette majorité à deux, les socialistes ne voudront plus laisser les écologistes grandir à l’infini dans l’opposition, une opposition qui leur offre un boulevard médiatique : il est plus facile d’étaler des promesses que d’assumer des réalisations.

Donc, si le PS gagne en Wallonie, l’"Olivier" a toutes ses chances. Là où l’on s’amusera, ce sera lors des la répartition des compétences. Car si les verts arrivent deuxièmes, ils se montreront très gourmands. Logique.

4 Quelles sont les autres coalitions possibles ?

Bien sûr, d’autres coalitions existent si le PS sort victorieux : la "Violette" (PS-MR). Elle semble peu vraisemblable tant les rapports entre les responsables de ces deux partis sont tendus. Mais on a vu évidemment des "ennemis" s’embrasser le soir des élections. Reste aussi l’"Arc-en-ciel" (PS-MR, Ecolo). Cette coalition a des chances de s’installer si Ecolo devance le CDH. Tout dépendra de la solidité des liens qui unissent les présidents Di Rupo (PS) et Joëlle Milquet (CDH).

5 Que se passe-t-il si le MR sort victorieux en Wallonie ?

Dans ce cas, de plus en plus de voix se font entendre au MR pour tenter de rejeter (la dernière fois, c’était il y a 20 ans) les socialistes dans l’opposition. "Une révolution", espèrent des libéraux qui pointent les socialistes et leur "système" clientéliste comme le principal blocage à l’essor de la Wallonie. Certains libéraux croient à l’écroulement du PS, notamment à cause de la présence de plusieurs listes à la gauche du PS (tandis que Rudy Aernoudt a été involontairement neutralisé à la droite du MR).

La clé, ici, se trouve au CDH. Pourquoi ?

On dit Elio Di Rupo et Joëlle Milquet plutôt contents de gouverner ensemble au niveau régional et communautaire. Les deux personnages s’estiment et se respectent, même si en fin de législature, des tensions sont apparues dans le secteur de l’enseignement. Mais Joëlle Milquet, malgré tout, ce n’est pas tout le CDH. Et à l’intérieur de son parti, plusieurs personnes estiment que cette ligne de centre gauche a assez duré et qu’il est temps de renvoyer les camarades dans l’opposition. Bons princes, certains ajoutent : "Dans l’intérêt même du PS, ce parti a besoin d’une bonne cure d’opposition pour se refonder et se renouveler "

Dès lors, si le résultat pas du CDH n’est pas à la hauteur des attentes de Joëlle Milquet, certains pourraient estimer que sa proximité avec Di Rupo (qu’elle conteste, mais cela est ressenti comme tel) est devenue contre-productive. Ce sera donc une question de rapports de forces internes. Les libéraux l’ont bien compris. Certains agissent déjà en ce sens

6 Ecolo serait-il prêt à monter à bord d’une coalition avec le MR et le CDH, la "Jamaïquaine" ?

Si certains écolos semblent déjà envisager la possibilité de gouverner avec les libéraux (comme à Amay, chez Jean-Michel Javaux ou dans la province du Brabant wallon), pourquoi hésiteraient-ils à entrer dans une telle tripartite, dont le centre de gravité serait plutôt au centre, vu la présence du CDH ?

7 La coalition, n’est-ce donc qu’une question d’arithmétique ?

Non, bien sûr. Car il ne faut pas évacuer, d’un revers de la main, la possibilité qu’un parti victorieux soit relégué dans l’opposition, comme ce fut le cas du MR en Région bruxelloise en 2004.

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