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mercredi, 02 juillet 2008

Zimbabwe: Mbeki rejette les exigences de l'UE sur un gouvernement d'union nationale

CHARM EL-CHEIKH (AFP) - Le président sud-africain Thabo Mbeki a rejeté mercredi la position de l'Union européenne exigeant que le gouvernement zimbabwéen soit dirigé par le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai.

"Le résultat de ce qui sortira de ce processus de dialogue doit être un résultat accepté par les Zimbabwéens. Clairement, le continent africain n'a fait aucune exigence quant à l'issue de ce que les Zimbabwéens doivent négocier entre eux", a déclaré le président sud-africain à la radio SA FM.

Mardi, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, dont le pays préside l'Union européenne, avait indiqué que l'UE "n'acceptera pas" un gouvernement au Zimbabwe qui ne soit pas dirigé par Morgan Tsvangirai.

Un sommet de l'Union africaine (UA) a appelé mardi soir depuis Charm el-Cheikh (Egypte) à la formation d'un "gouvernement d'unité nationale" au Zimbabwe face aux pressions des Occidentaux qui exigent des sanctions contre le président Robert Mugabe, réélu dimanche dernier lors d'une présidentielle.

Le sommet de l'Union africaine (UA) a appelé mardi soir à Charm el-Cheikh à la formation d'un "gouvernement d'unité nationale" au Zimbabwe face aux pressions des Occidentaux exigeant des sanctions contre le président Robert Mugabe.

"La résolution (de l'Union africaince) a été adoptée par la conférence des chefs d'Etat après plus de deux heures de débats", a indiqué à l'AFP un haut responsable de l'UA. Selon plusieurs sources au sein des participants au huis clos, les débats ont été "très vifs et francs", le Sénégal et le Nigeria se montrant notamment très sévères avec M. Mugabe et dénonçant le déroulement du scrutin de la présidentielle au Zimbabwe.

Le Botswana, pays voisin du Zimbabwe, a même demandé l'exclusion d'Harare de l'organisation continentale et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), dans un discours dont l'AFP a consulté une copie.

Rendue publique à la fin du huis clos, la résolution "encourage Robert Mugabe et le leader du MDC (Mouvement pour un changement démocratique, opposition) Morgan Tsvangirai à initier le dialogue en vue de la promotion de la paix et de la stabilité". Le sommet a également "soutenu l'appel à la création d'un gouvernement d'unité nationale et la médiation de la SADC", indique le texte, relevant "la volonté des leaders politiques du Zimbabwe d'ouvrir des négociations".

Selon le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki, M. Mugabe "n'a pas dit non" à la résolution. "Nous n'avons pas entendu le Zimbabwe dire non à la résolution. Ils n'ont pas fait d'objection à la résolution", a déclaré M. Zaki à la presse. M. Mugabe "n'avait pas quitté (la salle) avant l'adoption de la résolution. Il a dit qu'il y avait un dialogue en cours avec le MDC alors que nous parlions", a ajouté le porte-parole.

Cependant, pour le président sénégalais Abdoulaye Wade le président du Zimbabwe "n'est pas dans un état d'esprit" de partage du pouvoir. "Mugabe n'est pas dans cet état d'esprit" de la nomination de M. Tsvangirai comme chef du gouvernement, a déclaré M. Wade à la radio RFI: "je pense que Mugabe va réfléchir (...) Je ne suis pas sûr que l'on puisse le convaincre du premier coup".

Mardi soir, le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, a indiqué que son parti ne commenterait la résolution de l'UA qu'après l'avoir étudiée: "nous devons d'abord comprendre la résolution". L'UA était pressée par l'ONU, les Etats-Unis et l'Europe de rejeter la réélection de M. Mugabe, qui s'est joint lundi au sommet au lendemain de son investiture, jugée illégitime par les Occidentaux.

Interrogé sur ces appels, George Charamba, conseiller à la presse de M. Mugabe, avait répondu: "qu'ils aillent se faire pendre". Dans une référence implicite aux pressions occidentales, le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a jugé qu'il "fallait laisser les Africains règler ce problème sans trop d'interférences, je dis trop. Il faut faire confiance aux Africains".

Les Etats-Unis ont rédigé un projet de résolution pour le Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant des nouvelles sanctions contre le Zimbabwe et qui pourrait être présenté, selon l'ambassadeur américain à l'ONU, Zalmay Khalilzad, "dès cette semaine".

Le département d'Etat américain s'est toutefois félicité de la résolution de les dirigeants de l'UA qui se sont "joints aux appels au régime Mugabe à participer aux efforts pour trouver une solution politique à cette crise."

De leur côté, les Européens se concertent sur "une palette" de mesures, incluant un durcissement des sanctions de l'Union européenne (UE) en vigueur, a indiqué la présidence française de l'UE.

En outre, L'UE "n'acceptera pas" un gouvernement au Zimbabwe qui ne soit pas dirigé par M. Tsvangirai, a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner: "le gouvernement est illégitime s'il n'est pas dirigé par le chef de l'opposition".

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