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dimanche, 25 novembre 2007

Sarkozy entame sa visite en Chine par une escale culturelle

XIAN, Chine (Reuters) - Nicolas Sarkozy a entamé à Xian, ancienne capitale impériale sur la Route de la soie, une visite d'Etat de trois jours en Chine, qui pourrait être marquée par la signature de 20 milliards de dollars de contrats environ.

Le président français a atterri peu avant 10h00 (02h00) GMT sur l'aéroport de cette cité de plus de sept millions d'habitants, capitale de la province de Shaanxi, dans le centre de la Chine, et berceau de la civilisation chinoise.

Il a ainsi entamé sa première visite d'Etat en Asie là où son prédécesseur Jacques Chirac, fin connaisseur de la culture et de la civilisation chinoises, avait achevé son dernier voyage officiel en Chine, en octobre 2006.

Pendant cette escale de trois heures et demie, il a visité deux des trésors de cette civilisation.

Le premier, le mausolée du premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi (259-221 av. JC), est célèbre pour son armée enterrée de 8.000 soldats et chevaux de terre cuite.

Le second, la sépulture de Liu Qi, quatrième empereur de la dynastie Han décédé vers 141 av. JC, est riche d'innombrables figurines de terre cuite, également enterrées (hommes, femmes, oeunuques et animaux), qui constituent un véritable document en trois dimensions de la vie à la cour impériale.

Aux côtés de Nicolas Sarkozy, se trouvaient notamment sa mère Andrée et l'un de ses fils, Pierre.

Il devait ensuite gagner Pékin pour un premier entretien avec le président Hu Jintao en dîner restreint.

Le président français a dit dans une interview à l'agence Chine Nouvelle qu'il souhaitait promouvoir avec Pékin un partenariat "gagnant-gagnant.

Il est accompagné de sept ministres et d'une quarantaine de dirigeants de grandes entreprises. Une absence est toutefois remarquée, celle de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade. On assure à Paris que le président de la République abordera lui-même la question, toujours sensible en Chine.

Selon l'Elysée, il entend évoquer "franchement mais dans une approche constructive" les sujets "qui fâchent", comme les atteintes à la propriété intellectuelle, les contrefaçons ou le yuan jugé artificiellement sous-évalué par les pays occidentaux.

Nicolas Sarkozy veut aussi faire de la lutte contre le réchauffement climatique un domaine de coopération avec la Chine - pays le plus pollueur de la planète et un des plus pollués.

NUCLEAIRE ET AIRBUS

Si la Chine a refusé jusqu'à présent de se plier aux recommandations du protocole de Kyoto en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, le sujet est de plus en plus pris aux sérieux par les Chinois et leurs dirigeants.

Selon un expert français de la Chine, il ne se passe guère de jours sans que des articles, dans la presse chinoise ou sur internet, ne dénoncent des atteintes à l'environnement. Ces atteintes donnent parfois lieu à des manifestations qui peuvent réunir plusieurs milliers de personnes.

Nicolas Sarkozy, qui pousse en avant les entreprises françaises les plus en pointe dans ce domaine, prononcera mardi à l'université Qinghua de Pékin un discours sur l'environnement, qui sera retransmis en direct en chinois sur internet, à l'initiative de l'ambassade de France.

Selon des sources diplomatiques françaises, les deux pays devraient, à l'occasion de la visite du chef de l'Etat français, signer une déclaration commune sur l'environnement.

Lundi, Nicolas Sarkozy et Hu Jintao auront présidé la signature d'importants contrats, dont vraisemblablement la vente par Areva de deux réacteurs nucléaires EPR et du combustible nécessaire à leur fonctionnement pendant au moins 15 ans - le tout pour au moins cinq milliards d'euros.

Fait exceptionnel, ce contrat sera libellé en euros et non en dollars, dit-on de source proche des négociations.

Airbus espère pour sa part faire au moins aussi bien que lors de la visite de Jacques Chirac en 2006 : le constructeur européen avait alors signé la vente de 150 A320 à la Chine. Cette fois, dit-on de source proche de l'industrie, la commande chinoise comprendrait quelques dizaines de gros porteurs de type A330 et A350.

Parmi d'autres signatures attendues figurent aussi la construction d'une usine de vaccins contre la grippe, des accords dans les secteurs des télécommunications et du transport maritime, ainsi que la vente d'hélicoptères par Eurocoptère.

Nicolas Sarkozy est attendu avec curiosité par des dirigeants chinois qui s'interrogent sur l'ampleur et la portée de la "rupture" qu'il dit vouloir incarner, notamment en matière de politique étrangère, par rapport à Jacques Chirac.

Il pourrait bénéficier du refroidissement des relations entre la Chine et l'Allemagne, après l'accueil réservé en septembre par la chancelière allemande Angela Merkel au chef spirituel des Tibétains, le Dalaï Lama.

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