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vendredi, 15 février 2008

Yves Leterme probable futur premier ministre belge a été opéré

Le vice-Premier ministre semblait épuisé par le stress et des mois de négociations. La durée de son absence est impossible à déterminer. Les discussions budgétaires se poursuivent. Après ? Tous les scénarios sont possibles. Sera-t-il un jour "Premier" ?


Yves Leterme a été opéré. Epuisé après une année folle (une éreintante campagne électorale, des négociations gouvernementales interminables, de lourdes compétences à gérer) le vice-Premier ministre et futur Premier ministre a été hospitalisé mercredi soir à Ypres puis à Louvain. Après une journée d'examens intensifs, les médecins ont finalement décidé de l'opérer une première fois, apparemment pour mettre fin à une hémorragie interne du système gastro-intestinal.

Avant de voir quelles seront les éventuelles conséquences politiques de cet accroc de santé, intéressons-nous d'abord à son état de santé.

1 De quoi souffre-t-il ? D'après les informations disponibles, il souffrirait de "problèmes au foie". Hémorragie hépatique ? Les rumeurs les plus diverses ont circulé sans que l'on puisse connaître avec précision le résultat des analyses médicales. En fin de journée, ses médecins ont décidé de l'opérer pour mettre fin à une hémorragie interne du système gastro-intestinal. Une deuxième intervention pourrait avoir lieu.

Selon son entourage, Yves Leterme se plaignait depuis quelques jours d'un état grippal : les médicaments prescrits ne semblaient pas avoir d'effet réel. Mercredi soir, Guy Verhofstadt avait organisé pour ses ministres une petite soirée conviviale : une visite de l'exposition Alechinsky suivie d'un dîner dans un restaurant grec. Au terme de la visite au musée des Beaux-Arts, Yves Leterme a déclaré qu'il ne se sentait pas bien. Il est rentré à Ypres où il a consulté son médecin qui l'a envoyé à l'hôpital d'Ypres d'où il a été transféré à l'hôpital universitaire, le Gasthuisberg, à Louvain (Leuven). C'est là qu'il a subi des examens complémentaires pendant toute la journée de jeudi. Et c'est là qu'il a reçu nombre de bouquets de fleurs, une multitude de SMS d'encouragement auxquels il a patiemment répondu. Ce qui semblait indiquer que son état de santé était stationnaire jusqu'à ce qu'il soit conduit en salle d'opération.

2 Ses problèmes hépatiques sont-ils dus la fatigue, au stress voire au surmenage ? On l'a dit, Yves Leterme n'a pas eu beaucoup l'occasion de se reposer et de se détendre au cours des derniers mois. Mais le stress qu'il a subi a aussi été accentué par les nombreuses embûches qui se sont dressées sur sa route de formateur. Rien ne lui a été épargné. De plus, après ces mois de négociations, Yves Leterme a choisi de gérer des compétences particulièrement lourdes et étendues : il est en effet vice-Premier ministre, ministre des réformes institutionnelles, président du groupe Octopus chargé de mener à bien les négociations institutionnelles, ministre du Budget et... de la mer du Nord. Il est en outre responsable des problèmes liés au survol de Bruxelles.

Ces tout derniers jours encore, il s'est retrouvé au centre de la polémique née de l'excellente enquête réalisée par les journalistes du "Standaard", sur les coulisses de la négociation gouvernementale de l'orange bleue. D'aucuns en ont conclu qu'Yves Leterme et d'autres hommes politiques n'avaient pas respecté le secret du colloque singulier avec le Roi. Il a subi les critiques sévères et à peine déguisées de nombre de ses collègues et de plusieurs ministres d'Etat.

Et vous connaissez les lois de Murphy : quand quelque chose peut aller mal, elle va mal... Comme on dit familièrement, c'est la loi de l'emmerdement maximum. On finira par croire que depuis qu'Yves Leterme a choisi de briguer la responsabilité politique suprême en Belgique, à savoir le poste de Premier ministre fédéral, il ne lui arrive que des malheurs. Alors qu'avant, lorsqu'il présidait aux destinées de la Flandre, il allait de victoire en victoire et s'était forgé l'image de Monsieur "Goed bestuur" (bonne gestion) adulé par 800000 électeurs flamands.

3 Quelles seront les conséquences politiques des problèmes de santé d'Yves Leterme ? A court terme, Guy Verhofstadt et Didier Reynders vont reprendre la négociation du budget 2008 en espérant tenir le calendrier. Des réunions sont prévues ce vendredi matin, ce dimanche et tout au long de la semaine prochaine dans le but de boucler les discussions au cours du prochain week-end. C'est Jo Vandeurzen, actuel ministre de la Justice qui, au nom du CD&V, suivra les débats budgétaires. Et sans doute Herman Van Rompuy, le président de la Chambre, qui prendra la direction du groupe Octopus.

A plus long terme ? Difficile d'apprécier les conséquences de l'absence d'Yves Leterme. Soit il se rétablit très rapidement et le calendrier pourra être respecté : une démission de Guy Verhofstadt le 23 mars et la négociation, par Yves Leterme, d'un gouvernement définitif. Mais jeudi soir, ce scénario semblait impossible à tenir. L'incertitude ouvre la voie à tous les scénarios possibles : Verhofstadt reste, un autre CD&V va négocier le gouvernement, Didier Reynders assure l'intérim. Et, in fine, Yves Leterme pourra-t-il s'installer au "16", sans avoir négocié la réforme institutionnelle, son "ticket" vers le sacre fédéral ? Réponse dans les prochaines heures ou les prochains jours.

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